Vivre son deuil

L'aide au deuil

Chaque deuil est unique. Quand une personne chère meurt, chacun vit cette séparation définitive de manière très personnelle. La durée et l’intensité du deuil peuvent aussi dépendre de multiples facteurs.

Chaque deuil est unique. Quand une personne chère meurt, chacun vit cette séparation définitive de manière très personnelle. La durée et l’intensité du deuil peuvent aussi dépendre des relations que vous entreteniez avec le (a) défunt(e), des causes de la mort (accident, maladie, vieillesse, suicide…), de l’âge de la personne disparue. Si les circonstances sont encore susceptibles d’aggraver la douleur des proches (mort d’un enfant, suicide, homicide), le décès d’une personne aimée bouleverse toujours l’existence de ceux qu’elle laisse derrière elle. Et pour longtemps.

C’est un très long chemin que vous devrez parcourir avant de retrouver un équilibre permettant que le souvenir du défunt ou de la défunte ne suscite plus le désespoir. La trace du deuil d’un proche qui nous était cher, ne s’efface jamais; mais, avec le temps, elle devient une cicatrice intérieure qui n’empêche plus de vivre.

"Le travail du deuil"

C’est ainsi que les spécialistes nomment le cheminement qui, peu à peu, permet la séparation, mais pas l’oubli. Il semble, souvent, sans fin. Ce voyage intérieur est unique. Chacun l’accomplit à sa manière. Pourtant, la plupart des personnes en deuil passent – et, parfois, repassent – par des phases où certaines émotions prédominent. Pas forcément au même rythme, ni dans le même ordre, ni avec la même intensité. Savoir que ce processus psychologique existe, qu’il est normal, et pouvoir en reconnaître les signes, peut vous aider, tout comme ceux qui vous sont proches. Sachez aussi qu’il est également parfaitement normal de ne pas ressentir chacune de ces étapes dont voici un aperçu sommaire.

Processus du deuil

- Le choc. Même quand elle survient après une longue maladie ou à un âge avancé et que l’on pense s’y être préparé, la mort bouleverse tout sur son passage. A plus forte raison, quand elle survient subitement, après un accident ou un suicide, par exemple. On ne peut pas y croire, comme si refuser la réalité allait la transformer. C’est aussi une manière inconsciente de se protéger de la violence de la mort et de la souffrance. Souvent, des proches ont l’impression d’être comme anesthésiés et n’arrivent même pas à pleurer. Cette phase de choc peut durer de quelques heures à quelques jours. - La colère. 

"Pourquoi elle?" " Pourquoi lui?" "Ce n’est pas juste!". Face à l’irrémédiable, à une sensation de perte qui donne le vertige, vous éprouverez peut-être aussi un sentiment de révolte et de colère qui peut parfois se diriger contre la personne disparue. En cas de suicide, la colère est fréquente. - La tristesse. Après une période où tout ramène à la personne disparue survient celle où l’on ressent intensément l’absence, la solitude, le vide… Le goût de vivre peut avoir disparu et la tristesse paraît souvent ne jamais vouloir finir. Cela ressemble à une dépression, mais, sauf exceptions, votre tristesse n’a rien de pathologique. - L’acceptation. Peu à peu, on émerge du deuil, alors que cette idée même est inacceptable pendant très longtemps. Vous allez à nouveau être capable de faire des projets, de nouer de nouvelles relations, d’apprécier la vie. Cela ne signifie absolument pas que vous avez oublié la personne qui vous était si chère, mais son souvenir console désormais davantage qu’il ne déchire.

La durée du deuil

Pour surmonter le bouleversement que constitue le décès d’une personne aimée, il vous faudra beaucoup de temps, des années le plus souvent. C’est un processus qui affecte l’être tout entier. La souffrance est non seulement psychologique, mais aussi physique. Troubles de l’appétit, du sommeil et fatigue persistante en sont les symptômes les plus fréquents. L’expression "travail du deuil" exprime bien l’effort épuisant qu’exige cette période de séparation.

Les conseils

- Quand on vit un deuil, on ressent souvent le besoin de se retrouver seul(e). C’est une réaction instinctive, normale, mais prenez garde à ne pas vous isoler. Si vous le pouvez, demandez de l’attention et du temps à vos proches et à votre entourage. Dans ce dernier on n’ose peut-être pas faire le premier pas. La plupart du temps, ce n’est pas par indifférence, mais par crainte de se montrer indiscret ou de ne pas savoir comment se comporter. N’oubliez pas que les contacts et les échanges sont nécessaires pour traverser cette période. - Prenez soin de votre santé. Même si c’est difficile, pensez à vous nourrir et à dormir suffisamment. Le deuil a des effets déstabilisants sur tout l’organisme, alors n’hésitez pas à consulter votre médecin si certains symptômes vous inquiètent. Pour en savoir plus: Une brochure des Hôpitaux universitaires de Genève, consacrée au deuil contient aussi une liste d’associations d’aide actives à Genève ainsi qu’une liste d’ouvrages conseillés. Pour une aide ou conseil: L’Association Vivre son deuil, présidée par Rosette Poletti, dispose d’une permanence téléphonique au 079 412 39 63. Sur son site, très complet, http://www.vivresondeuil-suisse.ch, vous trouverez notamment les coordonnées des groupes de soutien proposés par Vivre son deuil et d’autres associations. La Main Tendue propose également une aide par téléphone, au numéro 143, ou par e-mail depuis son site.

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