En hommage à...

Philippe MICHAUD

 

Avis de décès

printpdf

Tribune de Genève le 14 août 2019

TG Avis Michaud Philippe

Ecrire une condoléance

Gérald Michaud
8 mars 1960, Philippe est né 5 août 2019, Philippe est décédé Oui, mon fils, Pendant près de 60 ans, Tu as été pour moi une aventure, un défi, un combat Que j’ai accompli avec l’aide de Maman et de ton frère Dans le devoir et le respect que l’on te doit. L’origine et l’évolution de notre vivant Implique au hasard tant d’éléments Que de ce hasard l’existence dépend. 24 fois par jour L’heure nous dit: «Tu vois, je suis déjà autrefois…» Mais autrefois, c’est quoi ? Des souvenirs gravés dans la mémoire, Une jeunesse belle à revoir, Le chemin parcouru en famille et avec les amis. Dès 1983, les produits que tu devais prendre Pour diminuer ta dépendance aux addictions T’ont entraîné dans des états de faiblesse, Parfois de manque de discernement et d’ivresse. Ta joie de vivre a peu à peu diminué Et, comme un feu venu d’ailleurs, Les flammes ont fini par te consumer. Voilà mon fils Quelques bribes de souvenirs de ta vie Accompagnés de ces moments de tendresse Que l’on partageait sans fard C’est toutes ces belles images Que je garde au fond de moi, au fond de mon cœur. Pendant toutes ces années Je t’ai accompagné comme je l’ai pu Comme j’ai cru au mieux de le faire. Tu m’as apporté énormément. On a tellement voyagé ensemble Pour voir la vie différemment. Maintenant que nous reste-il à nous souhaiter En famille et en amitié? C’est de pouvoir longtemps continuer à nous aimer Pour que nos cœurs déchirés Puissent se cicatriser Sans se soucier de cette puissance souveraine Qui règle au hasard le cours d’exister Et qui a le nom de destinée. A bientôt, mon fils.


Stéphane Michaud
Philippe… Quand je pense à mon frangin C’est l’image d’un bateau qui vient Le bateau de Rimbaud, bien sûr, Cherchant son cap parmi tant de récifs… Dans les clapotements furieux des marées, Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants, Je courus ! Et les Péninsules démarrées N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants. Les voyages furent nombreux Sur le lac d’abord, dans les années d’insouciance En Méditerranée pour goûter l’appel du large Puis les Antilles, d’île en île, des Bahamas à l’archipel des Roques Des côtes du Cap Vert Jusqu’au Vénézuela. Il laisse derrière lui Des horizons ensoleillés: Son enfance cossue La fierté de son père Puis sa jeunesse flamboyante Entre Champel, Saint Jean, Montana et Chens. Il a tiré tant de bords accompagné De tout un équipage de joyeux lurons De l’Ali Baba aux étés au bord de l’eau, Puis vers des ports de plus en plus lointains Il a vogué, vogué et peu à peu dérivé. Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes. Et les ressacs et les courants: je sais le soir, L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes, Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir Il y eut de plus en plus de traversées tumultueuses Malgré la famille, les amis, ses chats, ses chiens Malgré vingt-cinq ans de vie de marin Il n’y a, de son propre aveu, que loin des côtes, en pleine mer, qu’il était bien, vraiment bien. Alors oui, trop souvent la tempête l’a fait vaciller Trop souvent il s’est échoué, sans boussole. L’équipage de sa vie en a aussi payé le prix: Ses amours Rosa, Sabine et tout récemment son frère de cœur, Philippe. Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer: L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes. Ô que ma quille éclate! Ô que j’aille à la mer! Cependant, pendant toutes ces années Un heureux ressac le ramenait chaque fois Sous l'alizée clément d’un Neptune protecteur, notre papa Notre papa qui a tant donné pour son fils, tant sacrifié Pour toujours faire au mieux de ce qu’il pensait avoir à faire Et c’est admirable. Merci Papa. Et merci Maman. Car Neptune n’aurait jamais été un Dieu sans son Aphrodite. Mais aujourd’hui que la grande marée au vent mauvais A recouvert pour de bon la coque fragilisée Du bateau de Philippe C’est une nouvelle traversée qui commence Une mystérieuse traversée vers cet autre océan Celui dont on ne sait rien Si ce n’est qu’on n’en revient pas. Il me plaît alors d’imaginer Philippe Capitaine d’un nouveau bateau, Bronzé, aminci, souriant derrière ses lunettes de soleil Comme sur la photo Libre, fumant, monté de brumes violettes, Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur Qui porte, confiture exquise aux bons poètes, Des lichens de soleil et des morves d’azur Oui, Philippe, enfin léger et libre, Naviguant vers l’infini des mers paisibles Entouré de ses amours et de ses amis. Bon voyage, mon frère.


Lila et Max Michaud
Pour nous, ses neveux, Philippe c’est… Philippe qui a fait de grands voyages avant notre naissance dans des pays du bout du monde… Philippe qui adorait la voile quand il y avait des grandes compétitions: le Vendée Globe, la route du Rhum. D'ailleurs, il y participait à sa façon, en s’inscrivant pour les régates virtuelles sur son ordinateur. Philippe qui est à tout jamais le roi du thon-petit-pois qu’il nous préparait quand on allait manger chez Mamie à midi. Philippe qui aimait bien parler de sport: tennis, foot, moto, voiture, … Philippe qui aimait bien parler de ce qui l’intéressait sinon… il n’était pas toujours bavard Philippe qu’on ne voyait jamais sans Papi ni sans sa vapotteuse ni sans ses lunettes de soleil... Philippe qui aimait les chats comme nous… enfin un peu moins que nous quand même Philippe qui avait même eu des rats comme animaux de compagnie. Philippe qui nous parlait de Montana comme d’un endroit qu’il aimait beaucoup Philippe avec qui nous sommes partis en vacances en Corse où il avait fait du catamaran pour la dernière fois. Philippe qu’on voyait un dimanche sur deux pour manger en famille… et qu’on savait jamais comment il allait être: en forme, fatigué, avec un appétit d’ogre ou absent… Philippe qui connaissait plein de choses grâce aux émissions de télé, cette télé qui était tout le temps allumée et super fort dans sa chambre Philippe qui faisait parfois des trucs bizarres comme regarder des vidéos sur son téléphone quand on était au restaurant. Philippe qui avait une voix particulière, rocailleuse, … Philippe qui adorait les tartes tatins. Philippe qui avait toujours les derniers gadgets pas très utiles mais qui faisaient toujours l’animation. Philippe qui me posait plein de questions sur les chevaux. Philippe qui était tatoué avec des couleurs et des motifs bizarres Philippe qui était toujours gentil. Philippe qui était généreux et qui payait souvent le repas à toute la famille Philippe, c’était tout ça et bien plus mais surtout, pour nous, c’était surtout notre oncle qu’on aimait comme il est.


Corinne Mosimann
Cher Philippe, mon Ami de toujours, Toute la famille Richner réunie, Martine, Sandra, Anne, Toni et nos enfants se joignent à moi pour te transmettre ces quelques mots et honorer ton souvenir. La vie nous a réunis à ta naissance. Nos mères, amies d’enfance et à ce jour encore inséparables, nous ont élevés de concert. Enfants nous aimions nous présenter comme frère et sœur, ados nous avons décidé d’être cousin-cousine pour toujours ! Nos familles aimaient partir aux sports d’hiver ensemble. Les chalets de Champéry, d’Adelboden, de Megève et plus tard l’hôtel Beauregard à Montana nous ont accueilli et façonnés des souvenirs inoubliables. Comme notre première grande fessée reçue pour avoir jeté dans la neige fraîche les pions du jeu de loto... nos Mamans étaient bien furieuses... et nos fesses s’en sont souvenu pendant longtemps. De 2 ans mon cadet mais véritable aventurier et champion de ski, c’est toi qui m’as appris à godiller et qui m’a fait découvrir la plaine morte et le hors-piste. Ados, à Montana, nous avons fait les 400 coups au dancing le « Number One » sur les airs de JJ Cale, sans oublier nos parties endiablées de bowling au sporting. Il y a eu ensuite les étés à Chens-sur-Leman où tu m’as appris à naviguer sur ton Hobby Cat et surfer sur tes planches à voile. Quelques années plus tard, nous nous sommes retrouvé à la marina de Gogolin, où tu nous as embarqué avec ma fille Margaux, à bord de ton magnifique Catamaran pour une semaine de navigation dans la baie de St-Tropez, bercé au son des chansons de Renaud que tu affectionnais et connaissais par cœur ! Puis à nouveau, retrouvailles inattendues en Sicile, où tu naviguais avec ton père dans les eaux des îles Eoliennes. C’est finalement sur le lac Léman, à bord de ton voilier le « MissT », que j’ai découvert les plus beaux couchers de soleil d’été Genevois, lors de nos navigations sur les risées de fin de journée. Ton grand cœur a choisi d’offrir, en cadeau de mariage à Margaux et Alexandre, ce magnifique Flying Forty. Ils vont, je te le promets, perpétuer ton amour pour la navigation et l’aventure. Une part de toi et de ta passion navigueront ainsi toujours sur les eaux du Léman. Généreux, fidèle en Amitié et d’une grande sensibilité, Philippe, cher Ami de toujours, tu as pris le large mais tu seras à jamais vivant dans nos cœurs et ses souvenirs si précieux. Bon vent mon Ami Corinne et famille Richner


Christine Vulliet
Voilà Philippe cette fois tu nous a vraiment quittés! Comme tu as toujours eu l’art d’habiter l’instant, je me réconforte en pensant à ton dernier mouillage au creux de ton lit, certaine que ce fut un moment serein pour toi. Alors oui, nous avons des larmes mais également des sourires. Libertaire, ton équilibre fut ta liberté et on n’avait rien à t’imposer, encore moins des limites. A ton image ta vie fut hors normes et pas croyable. Ta santé, ta vigueur, ton goût jamais assouvis pour les aventures et les expériences, t’as fait connaître et plonger dans les bleus turquoises les plus clairs et transparents, ainsi que dans les bleus marines les plus foncés et opaques. Philippe tu fais partie de mes souvenirs précieux et fous, tu es immortel. J’aime t’imaginer cool, quelque part entre la Voie lactée et le sillage fluorescent d’un bateau lorsqu'il est gorgé de planctons lumineux, entourés de sirènes et de tous ceux que tu aimes. Tchin ??


Dr Jacques Ledderey
Au début des années 80, je suis tombé sur un article de Newseek dans un lieu improbable, en plein Himalaya, article qui parlait d’une mystérieuse maladie touchant le système immunitaire: c’était passionnant, et personne n’y comprenait rien… J’étais installé depuis peu comme généraliste, et trouvais que le monde médical rejetait et condamnait bien trop facilement les marginaux, ceux que la société cataloguait comme déviants… J’ai voulu essayer de rester ouvert et à l’écoute, de comprendre plutôt que de juger ceux qui étaient trop souvent blâmés par leurs pairs, leurs familles, le monde. Et une aventure de près de 40 ans a commencé. Ma rencontre avec Philippe aurait pu, sans ces réflexions, tourner court. C’était un gamin gentil, menteur, qui adorait et désespérait son père, acceptait toutes les propositions et n’en respectait aucune. Le couple père/fils a débarqué dans mon cabinet… et dès le départ ça a été compliqué! Mais Philippe, avec tous ses défauts, sa provocation, ses refus, était attachant… et ça valait la peine de s’accrocher. Et on s’est accroché, dans tous les sens du terme: Accrochages parfois très dures entre père, fils et médecin. Accrochage très, trop serré aux produits qui donnaient l’illusion de changer le monde et les perceptions. Accrochage de ma part au pari fou de sortir Philippe de ces pièges infernaux. Et enfin Accrochage très positif sur le plan humain qui nous a permis, contre toute attente raisonnable, de bâtir une relation qui aura duré 35 ans et survécu à des multitudes d’incidents, d’accident, de désaccords, de tempêtes… La rupture aurait pu survenir bien des fois, mais au milieu de la tourmente, même dans les plus mauvais moments, Philippe a su garder une force de vie et une confiance qui nous ont permis de construire cette complicité amicale de très longue haleine qui n’est pas si commune dans la relation médecin-patient. Il aimait, souvent passionnément, le ski, la montagne, la mer, la navigation. Le hasard a fait que je sois aussi montagnard et navigateur, ce qui nous a sûrement aidé à nous comprendre et à nous rapprocher. Il aimait aussi, trop évidemment, le danger, le déséquilibre, les excès, les débordements sans limites… et nous nous sommes souvent accrochés sévèrement sur ces points où j’étais en désaccord total avec lui. Mais cela n’a jamais, étonnamment, mis notre longue relation en péril. Sa mort possible a toujours été au programme, d’abord avec le VIH, puis avec les accidents, les excès, mais on n’y croyait pas ou plus. Philippe était devenu, au fil du temps, un vrai musée des pathologies infectieuses, traumatiques, respiratoires, psychologiques. Il le savait, s’en plaignait peu avec un grand courage physique… restait vivant, et la plupart du temps, content de l’être malgré les handicaps qu’il cumulait. C’est comme cela que je veux me souvenir de lui, et surtout le remercier de m’avoir offert ces 35 ans de compagnonnage médical, et de l’aide très précieuse qu’il m’a prodiguée dans l’apprentissage sans cesse renouvelé de ma profession, de ses possibilités et de ses limites.


Cathy La Puce
Philippe, Je garderai de toi ta gentillesse, ta sensibilité, ta fidélité en amitié et tous ces moments partagés durant ces plus de 40 ans d’amitié. Il faut laisser le temps pour que les souvenirs reviennent et les miens sont notre adolescence insouciante, nos belles soirées à Chens et nos rires. Tu nous as fait vivre des moments exceptionnels au Vénézuéla, à Los Roques, qui sont gravés à jamais dans nos mémoires et nos cœurs. Là encore, l’insouciance et la belle vie, quoi. Par la suite, la vie fut parfois plus difficile pour toi, mais le fil de notre amitié ne s’est jamais rompu. Philippe, te voilà arrivé au café des amis avec ton cher frangin. Tu laisses ta famille et tes amis dans la tristesse mais je sais que tu as enfin trouvé la sérénité. Repose en paix Philippe.


Sandra Dubouloz
Philippe c’est 44 ans d’amitié, le parrain de Nicolas. Philippe était d’une gentillesse infinie, très courageux, un aventurier. Il y a environ deux ans, j’ai été victime d’un grave accident et Philippe en a été bouleversé… Je lui ai dit mais Philippe, toi cela fait plus de 40 ans que tu nous bouleverses… Récemment, je suis tombée sur une photo de Philippe adolescent et cela m’a rappelé tant de bons souvenirs. Alors voilà ce que je te souhaite où que tu ailles, où que tu sois Philippe : Continuer encore à : Piquer le boesch de Gérald pour descendre à Genève faire la fête et le plein en aspirant l’essence d’un autre bateau à la Nautique pour revenir ; Cuire des pâtes à l’eau du lac et leur dire que oui, c’est très bon ; Expliquer le parachute ascensionnel avec le spi derrière le bateau et demander à une jeune fille sans permis d’aller à fond (toujours à bord du boesch de Gérald…) pour que tu puisses t’envoler…Tu étais le précurseur de ce sport… Et comme l’a dit Stéphane, être le Capitaine d’un nouveau bateau et : Tirer des bords, sortir le spi, hisser la grand-voile et ne pas prendre trop de ris, surtout ! Parcourir les océans et sentir le vent dans ton visage ; Descendre des pistes enneigées comme un Dieu sur des pics plus hauts que les étoiles ; Conduire des bolides les yeux fermés (c’est du vécu) ; S’il-te-plait dis leur que tu joues mal aux cartes… ; Draguer les filles et faire l’Amour ; Ecouter de la musique à fond ; Retrouver tes amis et amies qui t’ont tant manqué ; Continuer à dire darrière et non derrière ; Et surtout retrouver la passion, le bonheur et la plénitude, sans artifices. Où que tu sois, où que tu ailles, je sais que tu veilleras sur nous. Philippe tu nous manqueras énormément.


Susan & Christian Brugger Dubey
Ciao Philippe ! Les années passent, mais l’AMITIE et les gens qu’on AIME, ne vieillisse JAMAIS….j’aurai voulu vieillir encore un peu, avec toi dans les parages !!! Depuis que j’ai appris que tu n’es plus de ce monde, j’ai mes souvenirs d’anecdotes et « instant de vie » qui me reviennent comme si je les avais vécues « Hier » Au lieu de les garder dans ma mémoire, je me suis mise à les écrire, tout simplement, comme elles me viennent à l’esprit…. J’avais 20 ans et j’en ais 60 aujourd’hui ! Eh oui, nous avons eu le bonheur d’être tout jeune adulte au début des années 80. Ce n’est pas la nostalgie, mais une autre époque, une autre façon de vivre, de s’habiller, de danser mais surtout de penser et presque rien n’était interdit ! tous les rêves étaient possibles. Je t’ai rencontré car j’étais l’amie d’un de tes bons potes, et de plus, une fan de sensation forte, de voiture et de karting. Je me suis donc retrouvée naturellement, à partager des week-ends parfois d’insouciance, à faire monter l’adrénaline sur les circuits de kart, à puer le cambouis et les pneus cramés. Mais il y avait également des week-ends plus paisibles, comme à “Chens-sur-Leman”, ou j’ai pu m’initier au hobby cat ou à la planche à voile. Je me rappelle de mettre fait traitée de « pétasse », épuisée et incapable de revenir à mon point de départ, ce sont les flics nautiques français, qui m’ont ramenée, mais avait déchiré la voile avec leur hélice ! Entre ces week-ends fun, y’avait les boites de nuits, la musique, les bonnes bouffes, les rdvs avec les potes, mais ensuite la vie a fait en sorte qu’on s’est perdu de vue jusqu’en fin 80 début 90. Tu avais traversé l’Atlantique et tu « skippait » sur un magnifique voilier dans les Caraïbes. Je n’avais plus de nouvelles jusqu’au jour où je croise Christine, qui s’était installée en Valais, dans la vallée d’à côté de la mienne. C’est grâce a cette rencontre que j’ai eu la chance de te rejoindre sur ton bateau. Une croisière inoubliable, de la République Dominicaine, a Silver Bank, pour voir les merveilleuses baleines, et poursuivre sur les îles Turcs & Caïquos, avec une navigation stoppée a Providenciales dû à une panne de dessalinisateurs. Un voyage fantastique, avec un capitaine à la hauteur, parfois très sérieux, à anticiper la moindre alerte météo et les fortes houles à venir, mais parfois complétement fou, à se rafraichir en se glissant dans un baudrier ; se jeter à l’eau, et comme un hameçon au bout d’une canne à pêche, faire office de leurre pour un vilain requin… certainement un « blanc », vu la taille de son ombre ! … Tu vivais sans peur, à fond et parfois avec un grain de folie… Après ce fantastique voyage, nous nous étions revus en Suisse il y a 22 ans, …un court instant... Ou je t’avais présenté ma p’tite famille, Christian et notre fille Naïké. Ensuite, le blanc, le néant, plus de contact et y’avait pas encore Facebook, WhatsApp ou email facile. Et comme je te l’avais dit, je croyais que tu ne faisais plus partie de ce monde, mais grâce au réseaux sociaux, je t’ai retrouvé en avril 2017. Depuis ce jour, nous sommes restés en contact et finalement, pris dans les bras le 16 aout 2018, pour une soirée « Sushi et Saké » pour nous, mais « Sushi et Téquila » pour toi. Ton papa t’avait amené et m’avais dit de te surveiller…J’avais simplement répondu : pas de soucis, tout est sous contrôle ! Je m’étais un peu trop vite avancée. Nous avons partagé, avec Christian et Naïké une merveilleuse soirée, sur notre belle terrasse de Divonne. Tu t’étais fait tout beau, tu avais monopolisé notre attention, à nous raconter ton vécu, tes expériences, tes belle histoire et rencontres, tes mauvaises aussi, à refaire le monde par l’intérêt que tu portais à sa géopolitique, son économie, ses gens, tu avais un intérêt a tout, pour tout et vraiment tout. Tu étais passionnant, lorsque soudainement, tu disparais, on ne t’entend plus, ta bouteille est vide et tu dors …Et là, j’ai compris ce que ton papa voulait dire … A suivre...


Susan & Christian Brugger Dubey
... Suite... Mais tu étais prévoyant, et nous savions ou ne pouvions te ramener, te coucher, car tu avais pris le soin de « booker » une chambre d’hôtel à quelques pas. On s’est revu le lendemain, continué à parler de nos beaux souvenir qui nous faisait un bien fou. Et la suite alors !... Eh bien, depuis une année nous avons été en contact permanent, on s’est vu, avons diner ensemble, avons beaucoup « chatter » sur WhatsApp et fixer plusieurs RDV, mais très souvent repoussé. On aurait cru, que le malheur te poursuivait… On s’était mis d’accord, pour que tu nous accompagne au Costa Rica en Octobre 2018, mais voilà qu’en Septembre 2018, tu te fais une stupide fracture du péroné. Nous sommes venus te trouver à plusieurs reprises à la clinique Maisonneuve, apparemment nos visites te faisait autant de bien qu’une semaine de physio, et nous, nous avions vraiment envie de partager notre chalet en montagne, notre maison au Costa Rica et même te ramener sur l’eau, en Turquie, sur notre beau caïque. Tous ces projets te motivaient, et je te voyais faire de grands efforts pour pouvoir les réaliser, mais ton corps n’écoutait plus ton esprit, et ton esprit était incapable de tout gérer. Tu perdais la motivation, tu tournais en rond ! Alors, j’essayais de te motiver, en t’envoyant des messages, photos, vidéos du bateau. Tu appréciais ce contact et tu nous disais que cela t’aidait à faire passer le temps, car en clinique tout te semblait tellement interminable. Nous avions espoir, que tu sois sur pied, mi-Octobre, tu as fait beaucoup d’effort, (Physio, alimentation et moins d’alcool) pour atteindre ce but …ton corps n’as malheureusement pas pu envisager ce voyage. Alors pas grave, on en reparle en MARS 2019 … A ce moment-là tu devrais être sur pied. Depuis le Costa, je te casse les « bonbons », car tu dois faire tout ce que tu peux, écouter ton physio, ta diététicienne et te tenir au plan pour Mars 2019 Tu me reprochais de te faire la morale, mais j’avais vu quelques victoires, alors je continuais, juste parce que je suis têtue et perspicace. Et que finalement, tu me tenais au courant de tes progrès…donc tu m’écoutais… Novembre 2018, Christian doit se faire opérer de la hanche. Et voilà un truc en commun, la galère de rester au lit et d’être dépendant de tout et tout le monde, tu pouvais enfin la partager. Novembre 2018, le verdict tombe, tu vas pouvoir te déplacer avec les cannes ... yeah, première victoire. A suivre...


Susan & Christian Brugger Dubey
... Suite... Tes messages pour Christian, sont hyper motivant, il paniquait un peu, mais quand tu lui dis que prothèse des hanches est égal au beurre des spaghettis, alors ça le rassure. Tu es une référence en matière de squelette complètement désarticulé et reconstruit. Tu sais de quoi tu parles. Pendant tout notre séjour « Pura Vida », tu avais toujours une pensée pour nous, tes messages était fort et plein d’amour, comme celui qu’on te portait. Je pense que tu avais retrouvé en nous, des personnes à l’écoute et avec une tolérance pas toujours facile, à supporter tes extrêmes. Mais nous étions toujours là. Novembre 18, la bamboula pour les 50 ans de ton p’tit frère Stephane… Tu étais aux anges, t’avait trop rocker, mais t’avait adoré… tu avais juste une déception, car tu n’avais pas pu te déplacer à Paris pour les 60 ans du grand frère. …et ensuite, nouveau test, avec un bilan négatif, pas d’espoir de sortir de la clinique avant début décembre. Cela fera plus de 3 mois, que tu zones dans une chaise ou à l’horizontal. T’as le morale plus bas que les chaussettes. Tu te sent au fond du gouffre. Je reviens à la charge, les dates pour le Costa Rica son fixée, 10-30 mars 2019, je te rends visite a la clinique, RDV pour un déjeuner ….mais pas de Phil, ce jour-là, t’es dans les choux, trop de médic et alcool, …ça ne fait pas bon ménage tout ça. Excuse le lendemain. Alors, on repart pour un Nouveau plan. Convalescence au Chalet avec Christian, avant le départ au Costa en Mars 2019. 12 Décembre 2018, tu quittes enfin la clinique et la coïncidence est que c’est le jour de mes 60ans, quel beau cadeau. Merci ! Mais le chalet, tu ne la sens pas, il est vrai que cette année nous avons eu des records de neiges. Donc prudence, reste au chaud, récupère et soit prêt pour Mars 19 Janvier 2019, le temps passe, les messages sont toujours aussi intenses, et tu décides finalement de travailler ta récupération en piscine…tu deviens impatient et nous aussi. Février 2019, on se fait un p’tit resto japonais, pour parler du voyage, mais tu et on réalise que le Costa Rica en Mars 2019, n’est pas encore possible. Nous sommes tristes. Et on part sans toi. Avril-Mai, plusieurs tentatives pour déjeuners ou diner, mais soit c’est sans réponse ou soit contre-temps. 16 mai 2019, finalement, back sur Carouge, pour un gastro italien et depuis tu as enchainé avec tes messages de malheur, ton papa qui se blesse, ta maman qui ne va pas bien, tout semblait s’abattre sur toi. Notre dernier contact fut le 31 juillet, nous devions déjeuner en terrasse du Golf de Divonne le 2 aout. Et là ta réponse était tellement ambiguë, d’un côté tu parles du MAL que tu avais fait et qu’il était en train de te retomber selon tes termes « sur la gueule » et que tu trouvais cela « Strange » car tout d’un coup tu te sentais coupé de tout !! Mais parallèlement tu finissais par une note tellement positive… : tu te réjouissais de nous serrer dans tes bras, et qu’on puisse repartager nos recents séjours en Turquie, en Autriche …et surtout organiser pour la troisième fois, notre voyage au Costa Rica pour Janvier 2020. Mais voilà, tu en as décidé autrement…. Tu me manques…nous manques ! On t’aime… Ciao Phil…. Susan & Christian


Nicolas Scolari
Mes parents n'auraient pas pu faire meilleur choix que de me choisir Philippe comme parrain. Philippe pour moi, c'était les histoires a n'en plus finir, les aventures, les voyages avec mon père, parti quelques jours avant lui et surtout la liberté d'esprit, il a toujours fait ce qu'il voulait. Philippe c'était comme une grande maison avec tout plein de pièces à l'intérieur. Certaines étaient ouvertes, d'autres dont la porte était entre-ouverte, il fallait guigner pour voir et d'autres, fermées, auxquelles je n'avais accès que s'il décidait de me faire visiter. Et j'en ai visité tant… J'ai toujours été le bienvenu chez lui, où qu'il soit et à n'importe quelle heure. Il m'a toujours soutenu. C'était un vrai parrain, l'amour coulait dans ses veines.

print
 

À votre service

Annuaire professionnel

S'inscrire